Tout avait tellement d’importance et rien n’avait d’importance…ce sentiment d’absurde le minait.

On écrivait pendant des jours et des nuits des kilomètres de rapports, qui finissaient leur vie fugitive, oubliés dans une pièce ignorée à l’étage ou mal référencés dans un sous-sol lointain. On retrouvait les premiers lors d’un déménagement vers  une autre tour de verre et béton….ils étaient alors vaguement feuilletés avant de finir balancés dans une benne; on ne retrouvait jamais les seconds.

On avait des agendas complexes, asphyxiés, qui rendaient complexes, asphyxiés les agendas des autres. On faisait déplacer les réunions des dizaines de fois et puis on finissait par les faire annuler. On arrivait par principe en retard aux réunions organisées par les autres, qui s’adaptaient sans broncher, parce que leur place inférieure dans l’organigramme le justifiait.

On tenait des discours dans lesquels on convoquait la morale et l’art. On pervertissait ces mots  et on les rendait insignifiants , on anéantissait le cours du temps, on créait une histoire commune à partir de mensonges. L’objection devenait impossible.

On souriait en rampant. On souriait pour dominer. On engendrait le plus vil chez l’autre.

On ne regardait pas ses collègues crever de drogues et de solitude dans un open space bruyant. On se laissait crever de mal-être.

 


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